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Gabriel B. Meyers
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With the truth behind your lies, Your lies are haunting me [Angie]

le Dim 23 Sep - 23:48
With the truth behind your lies, Your lies are haunting me
Angela et Gabriel

Sourire aux lèvres, je quittais l'appartement de mes sœurs l'esprit tranquille. Elles ne me posaient pas de questions et on évitait soigneusement de parler de la source de mes revenus. Pas la peine, elles savent que ce n'est pas légal. Je n'ai plus le droit d'exercer la médecine et je parie que notre connard de père doit bien se retourner dans sa tombe quand il voit à quoi, j'emploie mon talent à présent. Et puis est-ce de ma faute si ça paye aussi bien ? Ce n'est pas moi qui fixe les tarifs. Montant dans ma voiture et mettant le cap sur les quais, je coince une cigarette entre mes lèvres et l'allume. Je savoure la première taffe de la journée. Le trafic étant assez fluide, j'arrive sur les lieux assez rapidement. Dans le coin, il n'y a pas grand-chose, et quand il se passe un truc, ce n'est généralement pas de bon augure. Je faisais parti du trafic d'organes, rien de bien méchant, je ne fais que prélever des organes dont les morts n'ont plus besoin. Poumons, cœur, reins. Il est rare que l'on ait de la demande pour autre chose, mais je m'attends à voir de tout dans ce monde de malade. Il faut de tout pour faire un monde, je le conçois parfaitement, mais cette ville, j'ai comme l'impression qu'on y est tous rassembler. Cela me fait doucement sourire. J'entre dans le bâtiment et je vois que les autres sont déjà au travail. Je soupire, prenant mon temps, de toute façon, j'avais bien plus l'habitude qu'eux, étant plus adroits aussi. Mon rôle d'ancien chirurgien aide énormément, je dois bien l'avouer. Même si j'aurais aimé être meilleur que mon père dans le domaine. Tant pis. J'enfile ma blouse, des gants et je me penche sur le premier cadavre qui se présente à moi. Je lis rapidement la feuille et regarde ce que je peux prélever sans prendre de risque. Je ne suis pas comme tous les autres, qui ne font pas attention. Moi, je fournis de la qualité, je ne prends que des organes sains, donc j'évite les drogués et les alcooliques. Question d'éthique que les autres ne suivent pas à la lettre. Après tout, je ne suis pas le chef. Mais, il n'est pas rare que ça chauffe entre nous. Je suis d'un naturel froid et autoritaire. Enfin, c'est ce qu'ils voient de moi et ça me va très bien. Plus je suis craint et respecté, mieux c'est pour moi. Je décide de commencer par les reins, je fais une longue incision dans le bas du dos, je ne cherche pas longtemps avant de tomber sur ce que je convoite et un léger sourire se dessina sur mes lèvres. Un coup de scalpel et le rein se tient dans ma main. Doucement, je le pose dans le caisson prévu à cet effet et le second ne tarda pas à rejoindre le premier. Je referme le tout et me penche sur les autres organes.  La journée passa rapidement. Je relevais la tête pour voir l'heure quand un visage attira mon regard. Une jeune femme venait de faire son entrée, accompagnée par un type que je n'avais jamais vu de ma vie. J'avais déjà vu cette nana quelque part, mais j'étais incapable de me souvenir d'où. Poussant un soupir, j'examinais mon cadavre et décidai de terminer celui-là avant de foutre le camp. Seulement le visage de cette fille ne quittait pas mon esprit.Je secouais la tête, essayant de rester concentré, mais peine perdue. Je soupire et lâche mon scalpel en râlant. " Pablo, termine le travail. Mais, fais ça bien sinon c'est ta tête que j'vais disséqué demain." Il me fait signe de la tête et j'espère pour lui qu'il a compris, sinon demain, je lui arrache la tête. Je me lave les mains et me change. Je récupère des documents et quitte la pièce. Au moment de partir, je m'arrête. Cette fille. Je sais où je l'ai vue. Putain de merde. Je fais demi-tour et la cherche du regard, demandant aux autres s'ils n'avaient pas vu une bonasse brune dans le coin. Très péjoratif, je l'avoue, mais c'est dans ces termes-là qu'ils parlent des femmes. Ou dans des termes pas très polis que je préfère taire. Et je finis par la trouver. Dans un bureau, où elle n'avait aucune raison d'être. Doucement, je me faufile dans la pièce et ferme la porte derrière moi en la claquant bien fort. " Je peux peut-être vous aidez ?" Je la regarde fixement et froidement. Je sais que c'est un flic. Je l'ai vu l'autre jour en ville, quand j'étais avec l'une de mes sœurs. Mais, qu'est-ce qu'elle vient foutre là ? Serait-on déjà surveillé par les flics ? Non, je ne pense pas, sinon il y aurait déjà eut une descente depuis belle lurette. Elle ouvre la bouche pour répondre, mais je la coupe dans son élan, avec un sourire amusé sur les lèvres. " Avant de me sortir une connerie, je vous conseille de bien réfléchir. Vous êtes dans un bâtiment rempli de trafiquants en tout genre..." Mon sourire devient un peu plus mauvais et mon regard se durcit légèrement. " On aime pas trop les flics dans le coin." Je la regarde, en plus d'être jolie, elle était vraiment bien foutue, ça serait un gâchis qu'elle finisse en pièces détachées, mais cela ne tenait qu'à elle après tout. Je savais qui elle était et si elle osait me mentir...

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Angela Rodriguez
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Re: With the truth behind your lies, Your lies are haunting me [Angie]

le Mer 3 Oct - 0:36
With the truth behind your lies, Your lies are haunting me
Angela et Gabriel

Angela n’était pas une grande fan des missions d’infiltration. Elles étaient dangereuses, compliquées… Lorsqu’on s’y lançait, on risquait très sérieusement sa vie. Et non pas qu’elle était lâche, mais, elle avait une petite soeur à charge, et elles étaient toutes deux sans famille… Si un jour elle disparaissait, qui prendrait soin d’elle ? Oui, c’était bien la seule chose qui inquiétait Angela, si elle venait à perdre la vie. Elle était là pour Ana plus qu’elle ne l’était pour elle-même. Alors, elle devait faire attention. Et elle essayait de faire attention, autant qu’elle le pouvait. Faire attention. Prendre toutes les précautions possibles et imaginables. Son milieu était dangereux, de base, mais elle faisait ce qu’elle pouvait pour essayer de nuancer un moment la chose. Sauf que ça ne fonctionnait pas à tous les coups.
Elle avait été choisie, pour la prochaine mission. Pourquoi ? Parce qu’une femme serait moins soupçonnée qu’un homme, parce qu’elle avait le « profil », physiquement parlant… Une latina, qui trempe dans des affaires louches, qui en serait étonné ? Angela avait eu envie de se taper la tête contre un mur en entendant les raisons qu’on énumérait pour la convaincre. Un tas de stéréotypes, qui l’attristaient, mais qui dans les faits étaient probablement vrais. En d’autres termes, elle n’avait pas le choix. Ou du moins, on ne lui laissait pas vraiment le choix. Alors c’est à contre-coeur qu’elle avait fini par se préparer, puis par se lancer. Si elle devait faire les choses, autant les faire bien.

Ce qui inquiétait le plus Angela était qu’on puisse la reconnaître, bien entendu. La reconnaître parce que, mine de rien, la ville était petite. La reconnaître parce que, bien qu’elle travaillait en civil, elle travaillait régulièrement sur des affaires touchant à des trafics en tous genres. Bon, pas de trafic d’organes jusqu’ici, donc c’était une première pour la jeune femme mais… Mais le souci était que, oui, Angela était une flic efficace, une flic très présente, une flic impliquée. Et elle craignait que cela ne se retourne contre elle.
Première étape pour espérer passer plus ou moins inaperçu : le style vestimentaire, la tenue. Exit le jean t-shirt, ou le jean chemise. Cette fois-ci, elle allait devoir s’habiller de manière un peu plus… Un peu plus… Tu vois, les femmes de trafiquant dans les films ? Ou les trafiquantes dans les films, même ? Faudrait que tu t’habilles comme ça. que lui avait conseillé son supérieur. Une mini garde-robe, tous frais payés par la police fort heureusement, constitué de jupes, courtes, de shorts, courts, de crop tops, de bustiers, de robes moulantes et dénudées, de motifs léopards… Plus elle ferait femme fatale, mieux ce serait. Aux antipodes de tout ce qu’elle aimait, et de tout ce qu’elle était. Ca commence bien.

Mais, elle n’avait pas vraiment le choix. Devoir oblige. Angela avait enfilé sa tenue du jour : un short, un crop top blanc, des cheveux en queue de cheval, un joli maquillage. Passer inaperçue, tout en soignant son apparence. Essayer de ressembler aux femmes « trophées » que les hommes aimaient avoir à leur bras dans le milieu, en espérant que cela puisse l’aider à mieux se faufiler dans le réseau, à avoir une place. Et d’ailleurs, alors qu’elle n’était là que depuis une journée, elle sentait déjà un regard oh combien insistant. Un homme. Mais… Mais ce n’était pas un regard rassurant. Du moins, la belle avait un pressentiment. Cela dura peu, puisqu’ils ne se croisèrent qu’un temps avant que la mexicaine ne disparaisse, pour aller vaguer à ses occupations. Elle pensait être tirée d’affaire, au moins pour le moment. Loin d’elle l’idée que ce n’était là que le début…
Le début d’une longue galère. Elle avait un peu tâté le terrain, avait joué les potiches, maintenant au travail. Elle avait repéré un bureau, elle soupçonnait qu’il y ait là dedans des documents importants… Et personne dans les parages. Une aubaine. Alors elle s’y était rendue, fouillant rapidement, les tiroirs, les armoires, puis… Une porte qui claque. Une voix. Et Angela qui se raidit aussitôt, qui se redresse et qui se retourne vers le nouvel arrivant. Son coeur se serre, mais elle essaie de faire bonne figure. Ne surtout pas paniquer. Elle pouvait peut-être encore sauver les meubles. Il y avait toujours une justification à donner. Mais pas même l’occasion de dire un mot que la sentence tombe. Une flic ?

Le sang d’Angela ne fait qu’un tour. Son coeur bat plus fort. Son ventre se noue. Merde. Merde merde merde ! « … » Quoi dire ? Quoi faire ? Pour le coup, elle ne voyait vraiment pas comment sauver les meubles. « C’est une menace, c’est ça ? Vous allez les appelez ? » Autant qu’elle se prépare au pire. Elle avait un flingue, caché autour de son mollet, par le jean. « Vous n’êtes que chirurgien, vous ne gérez pas les trafics… » Docteur Meyers. Elle avait lu son dossier avant de débarquer, et monsieur Meyers faisait partie du trafic, elle le savait. Mais, à la différence des autres, il ne faisait que sortir les organes d’un corps, puis les déposer dans une bassine. Pas mort d’homme, définitivement. « Mais si vous les appelez, ils vont me tuer. Et s’ils me tuent… Tuer un flic, c’est pas pareil que préparer un rein pour une transplantation… » Il lui avait demandé de ne pas lui dire de connerie, et elle ne lui en disait pas. De toute manière, au poins où elle en était… Elle était grillée, ce serait idiot de mentir. D’autant plus qu’il n’avait pas l’air stupide, le docteur. Un physique d’acteur, un cerveau tout aussi bien fait… Définitivement, mieux valait jouer sur la corde sensible, la prison et les risques encourus qu’essayer de l’embobiner.

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Re: With the truth behind your lies, Your lies are haunting me [Angie]

le Ven 5 Oct - 21:19
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Je savais que c'était un risque calculé. Tout ça, ce que je faisais, ce n'était clairement pas légal, et il est certain que je pourrais employer mes talents de chirurgien à d'autres fins, mais merde ! On est à Charney. La ville du vice, du péché, la ville de l'argent sale. J'aurais aimé avoir d'autres options, avoir d'autres choix, mais je ne pouvais plus exercer, tout ça à cause d'un vieillard qui n'avait pas pensé à prendre sa retraite avant de faire une erreur et de la rejeter sur moi. Mais je m'y retrouve et au final, je ne fais de mal à personne. J'enlève des organes sur des morts et les revends au marché noir. Enfin, ce n'est pas moi qui m'occupe de cette partie-là, mais cela n'a pas, grande importance, je fais parti de ce trafic. Aussi, quand j'ai vu cette nana entrée dans le bâtiment, je cherchais à savoir ou je l'avais déjà vue. Son visage me disait quelque chose. Outre le fait qu'elle était en train de jouer un trophée au bras d'un mec dangereux et puissant dans cette ville, je savais que je l'avais vu autre part. Mais où ? Cette question me taraudait, encore et encore à tel point que je me devais d'arrêter ce que j'étais en train de faire et passé la main à mon assistant. Pablo était un gosse des rues qui avait pour ambition de faire médecine, mais qui se retrouvait également dans ce trafic. Mauvais choix ou pas de chance ? Je ne saurais dire. Toujours est-il qu'il était assez doué, suffisamment pour que je le garde avec moi celui-là. Et peut-être que je me retrouve un peu en lui, à une époque où moi aussi, je pensais que je pourrais sauver le monde. Alors que j'étais sur le point de rentrer chez moi, son image s'imposa plus clairement dans mon esprit et je sus où je l'avais vu. Et mon sang ne fit qu'un tour dans mes veines. Je devais en avoir le cœur net pour savoir ce que j'étais sensé faire. Je partis donc à sa recherche et la trouvai dans un endroit où elle n'aurait pas dû être. J'entrais et claquai la porte derrière moi, pour bien lui faire comprendre qu'elle n'était plus seule. Elle resta de marbre et je n'en attendais pas moins d'elle. Les questions se bousculaient dans ma tête. Si jamais les flics nous surveillent, on est mal barrés et je ne veux pas finir en taule. Qui prendra soin de mes sœurs, sinon ? Qui veillera à ce qu'elles restent loin de la corruption de cette ville ? Pour ma sœur aînée, je ne me fais pas de soucis. Pour la cadette en revanche... J'allais droit au but en lui disant de ne pas me mentir, qu'elle était dans un bâtiment rempli de trafiquants en tous genres. Clairement, moi, je ne faisais de mal à personne, mais je savais que d'autres, prenaient leur pied en torturant ou en violant des filles. Sans compter ceux qui pourraient la revendre, où ceux qui combineraient le tout pour qu'enfin elle se retrouve sur ma table et que je lui enlève les reins, le cœur et les poumons. Et d'autres trucs, suivant la demande. Y avait pas mal de demande de sang en ce moment ou des morceaux de peau humaine. Je ne veux pas savoir à quoi, cela pourrait servir. Je sais que la plupart des organes que je prélève vont au marché noir. Le reste ? Je ne crois pas que je veux vraiment le savoir. L'autre soir, je prenais un verre avant de rentrer chez moi et je suis tombé sur un type qui m'a avoué après avoir bien bu que son rêve, ça serait de manger un cœur humain. Dégoutant. Je ne suis pas resté en compagnie de ce monsieur. Je suis peut-être un trafiquant, mais je reste humain. Un humain froid et quelque peu violent, mais humain quand même. Mais, revenons à nos moutons. Je repris le fil de la conversation lorsque le son de sa voix parvint à mes oreilles. Je souris. Doucement, un peu ironiquement même. " Donnez-moi une seule raison de les appeler. Quoi que je suis sûr que la plupart d'entre eux vous réserveront un sort de choix..." Je hoche la tête lorsqu'elle précise que je ne suis que chirurgien. Bien, elle a appris sa leçon, on dirait. Je fais un pas vers elle et m'arrête. " Effectivement, je ne suis que chirurgien..." Je la regarde sans la moindre honte, le peu de vêtements qu'elle avait sur elle m'aidait grandement. Je croise de nouveau son regard et mon sourire se fait un peu plus mauvais sur mes lèvres. " Puisque vous semblez bien être renseigné sur nous, vous devez savoir que je ne suis pas qu'un simple docteur, et que je ne suis pas un boucher, comme on en croise souvent par ici. Si je vous laisse seule avec l'un d'entre eux, croyez-moi, vous regretterez votre venue parmi nous." Une question me taraudait quand même. Que savait-elle sur nous exactement ? Que savait-elle sur moi ? Un léger rire s'échappe de mes lèvres lorsqu'elle reprit la parole. Mais elle avait raison, moi, je sauve des vies, indirectement. Ceux qui peuvent se payer les organes que je mets à disposition pour le marché noir, auront certainement la vie sauve. Ceux qui ne pouvaient pas payer mourraient ou attendaient qu'une place se libère, mais vu la liste d'attente pour un rein ou un coeur... " Moi, je prendrais juste votre coeur, vos reins et sans doute votre sang, une fois qu'ils en auront fini avec vous... Si je vous dénonce." Je n'avais aucun intérêt à faire ça. Je veux dire, un trafiquant comme moi, retrouvera toujours du travail, si ce n'est pas avec ce réseau, ça sera un autre. Sauf si je me fais prendre, mais il y avait peu de chance que ça arrive. " Moi je n'ai rien à perdre dans cette histoire, mais vous en revanche...." Je vais m'asseoir sur une chaise et du bout du pied, je pousse la seconde vers la jeune femme et avec un signe de la tête lui fait comprendre qu'elle peut s'asseoir. " Négocions, vous voulez bien ?"

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Re: With the truth behind your lies, Your lies are haunting me [Angie]

le Jeu 15 Nov - 1:19
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Angela et Gabriel

Cette ville était le vice incarné. A croire que tous les malfrats du monde s’y étaient ressemblés. Quelque chose clochait, dans ces rues, dans ces immeubles, ces établissement, tous, dans cet air ambiant, empreint de violence, d’injustices, de corruption. Charney en était presque intrigante, mais aussi inquiétante. Inquiétante, parce que… Parce que ça n’avait rien de normal. Un cas unique. Quiconque s’y trouvait, changeait. En mal. Toujours. C’était la pire crainte d’Angela, d’ailleurs. De finir sur la pente descendante, de mal terminer, de s’engouffrer, comme bien d’autres avec elle. Difficile d’être honnête, de vivre honnêtement, dans cette ville. Car il y avait mille et une personnes, mille et une organisations, tout, un monde entier, prêt à vous en dissuader, à vous faire miroiter monts et merveilles, que d’illusions, pour vous tenter, puis vous faire sombrer. Angela ne voulait pas sombrer. Angela voulait vivre honnêtement. Angela avait connu les addictions, avait connu la pauvreté - bien que ce serait mentir que de dire qu’elle était devenue désormais riche pour autant -, avait tout connu, spectatrice des agissements de sa mère, actrice lorsqu’elle avait, elle-même, dealé de la drogue, et en avait consommé. Mais plus maintenant. Elle en avait fini avec tout ça. Elle était passée de l’autre côté du miroir, et elle s’y plaisait. Ce n’était pas tous les jours faciles, ce n’était pas sans risques, mais… Mais elle ne voulait pas d’une vie de débauche, non. Angela rêvait d’une vie rangée, et elle faisait tout, tout ce qui était en son possible, pour s’en donner les moyens. Et ça commençait par son métier, dans lequel elle se donnait corps et âme.

Au sens propre, et au sens figuré. Car ce qu’elle était en train de faire, avec cette nouvelle mission. Se donner corps et âme. Corps, surtout. C’était… Elle prenait d’énormes risques. Des risques qui ne coïncidaient pas avec la vie bien rangée qu’elle voulait avoir, mais qu’elle ne pouvait éviter quand son travail le lui demandait. Car, après tout, son travail était toute sa vie. Les deux étaient indissociables. Son travail était toute son existence, avec sa soeur, et il n’y avait que pour eux deux qu’elle vivait, définitivement. Elle ne savait pas où tout ça allait la mener, en fin de compte mais… Mais pour le moment, elle était mal. Très mal. Elle s’était faite prendre comme une bleue, la main dans le sac. Et encore, dans son malheur, elle avait probablement de la chance. Car il n’était pas un grand trafiquant, un grand du réseau… Il était le chirurgien. Angela avait bien fait ses devoirs avant de venir, et savait qui était qui, et qui faisait quoi. Lui s’occupait des organes, des corps. Il était un exécutant, un exécutant expérimenté et bien placé, mais un exécutant, à l’inverse de ceux qui tiraient les ficelles.
Il n’en était pas moins dangereux pour autant. Bien au contraire. D’ailleurs, il avait directement commencé avec des menaces, ce qui annonçait la couleur et… Angela se maudissait intérieurement, se demandant comment elle allait faire, comment elle allait s’y prendre, pour s’en sortir. S’en sortir en un seul morceau, et ne pas sortir les pieds devant de cet endroit. « Je sais. Je sais ce qu’il va m’arriver si vous me dénoncez. Je sais tout. » Ce n’était pas là que des paroles en l’air, c’était aussi un indice. Elle savait. Elle savait vraiment tout. « Croyez-moi, vous aussi, vous avez à y perdre. Vraiment… J’ai lu votre dossier, et vous n’êtes pas mauvais. Corrigez-moi si j’ai tort. » Elle avait eu son dossier entre ses mains, tout comme ceux de bons nombres de personnes. La police les avait à l’oeil, et elle tout particulièrement. Mais, définitivement, il n’était pas le mauvais de l’histoire. Alors elle espérait qu’ils allaient pouvoir négocier. Elle prit place devant lui, serrant les bras. Elle était stressée, oh combien stressée, mais elle essayait de le cacher autant que possible. « Vous ne dîtes rien, et je ne dis rien. La police vous soupçonne, mais… Je peux vous dédouaner. A condition que je reste en vie. Mes collègues n’en feront pas autant en mon absence, vraiment. Alors… Nous devrions trouver un terrain d’entente, si vous voulez bien. Vous me proposez de négocier, c’est que vous voulez quelque chose de moi, je me trompe ? » Elle lui tendait une perche, à lui de la saisir.

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